Sandrine Charpentier, Cabotine, Cholet

Rôle dirigeant
22.10.2026
Magazine
Commerçante par passion, Sandrine Charpentier évolue depuis toujours dans l’univers du prêt-à-porter et ouvre sa première boutique « Cabotine » en 2011. Bientôt rejointe par ses deux filles Clara et Sara, le succès est immédiat. Le savoir-faire de la dirigeante, son énergie communicative associée à une utilisation maîtrisée des réseaux sociaux, séduisent et lui permettent de déployer un modèle commercial inspirant.
Regard cabotine
Regard Cabotine

Forte de son expérience comme vendeuse puis responsable de magasins, Sandrine Charpentier démarre son activité de prêt-à-porter multimarques dans un petit local qu’elle rénove. « Je maitrisais le métier et me sentais bridée par les normes des franchises dont j’avais la responsabilité », explique Sandrine Charpentier. « Mon envie d’indépendance m’a fait sauter le pas ». La vente et la relation client n’ont aucun secret pour elle. Toutefois, elle découvre dans ses nouvelles fonctions le métier d’acheteur et la gestion des stocks. Anticiper les tendances, investir un an à l’avance, ajuster les volumes en suivant le cap défini devient sa nouvelle réalité. « Maîtriser les achats, c’est la clé », précise la commerçante. Et dans ce domaine, elle excelle. Elle suit de près les performances de chaque marque via des indicateurs précis et notamment les taux de sortie, afin d’ajuster ses achats. L’assortiment est important, avec une vingtaine de marques disponibles (American Vintage, Mos Mosh…). La connaissance fine de la clientèle lui permet également d’anticiper les attentes et de constituer ses stocks en fonction de la demande. L’offre de Cabotine mêle ainsi des pièces de moyen et haut de gamme et quelques articles très abordables. Un choix assumé pour satisfaire le plus grand nombre, et un positionnement fondé sur le conseil et le relationnel. « Chez Cabotine, on construit des silhouettes, on propose des looks, sans jamais imposer », précise-t-elle.

Entreprendre en famille

Clara, sa fille ainée, rejoint l’aventure. Depuis son adolescence, elle accompagne sa mère en boutique et sur les achats. Une immersion précoce qui trace la voie de la jeune femme. Après des études de commerce et de mode ponctuées par un stage chez un fournisseur, elle se lance à son tour et s’appuie sur son mémoire de fin d’études pour créer sa propre boutique de prêt-à-porter « Cactus », rue Saint-Aubin à Angers. Encore jeune, Clara a dû faire sa place, construire sa légitimité, mais aujourd’hui Cactus a trouvé son public et dispose de sa propre clientèle. La petite sœur, Sara, suit le même parcours scolaire et rejoint l’entreprise familiale désormais composée de trois magasins, en créant « Little Cactus «. Une boutique d’accessoires de mode et de bijoux, voisine de celle de Clara. Elle y propose aussi ses propres créations.  

Les réseaux sociaux, un levier essentiel

La jeune génération apporte une dynamique nouvelle avec l’utilisation des réseaux sociaux. Après un démarrage sur Facebook, les trois boutiques disposent d’un compte Instagram et même un compte Tik Tok pour « Little Cactus ». Les publications sont quasi quotidiennes, on y découvre des vidéos de pièces portées et mises en scène. Une vitrine digitale animée par les deux sœurs qui déclenche de nombreuses ventes et fidélise une clientèle au-delà de Cholet et d’Angers. La boutique pratique la vente à distance (paiement par TPE) facilitée par cette nouvelle visibilité.

Côté projet, la dirigeante ne manque pas d’idées. La prochaine étape est la création d’un site Internet marchand destiné à accompagner le développement de l’activité. Mais la priorité à court terme reste de consolider et de pérenniser l’existant, afin de s’appuyer sur des bases solides pour envisager la suite.

« L’entreprise affiche de bons résultats », se réjouit la dirigeante. « Mais, rien n’est jamais acquis. Il faut se renouveler sans arrêt, se réinventer ». La remise en question est permanente, les fournisseurs le confirment eux-mêmes. Les enseignes qui s’en sortent le mieux sont dynamiques sur les réseaux sociaux et en boutique.  Interrogée sur l’avenir, la dirigeante reste ouverte : « L’aventure se poursuivra tant que je serai animée par la passion et l’envie », conclut-elle. Son métier, elle le fait par plaisir, c’est bien ce qu’elle communique, et qui, sans nul doute, participe à son succès.


Christelle Gourronc

Regard Anjou Eco 85 - septembre 2026