Clémence Bressin, Tissup, Angers

Rôle dirigeant
11.09.2026
Magazine
Clémence Bressin s’est lancée dans l’aventure entrepreneuriale en créant TISSUP, à Angers, une entreprise spécialisée dans le réemploi de déchets publicitaires. Un avenir prometteur pour cette TPE, puisqu’après 2 ans à peine d’existence, TISSUP rayonne déjà sur tout le territoire français avec des perspectives en Europe.
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Anjou Eco n°84 - sept 2026 - Tissup

Clémence Bressin s’est lancée dans l’aventure entrepreneuriale en créant TISSUP, à Angers, une entreprise spécialisée dans le réemploi de déchets publicitaires. Un avenir prometteur pour cette TPE, puisqu’après 2 ans à peine d’existence, TISSUP rayonne déjà sur tout le territoire français avec des perspectives en Europe.

Pendant mes études en biologie environnementale, le recyclage faisait déjà partie de mes préoccupations. Le gap entre acheter du neuf et traiter le déchet était colossal. J’ai commencé par transformer du linge de maison en objets. Mais je n’avais pas imaginé en faire mon métier plus tard ! », sourit Clémence Bressin. Pour commercialiser ses confections d’éponges textiles fabriquées à partir de latex de matelas et de tissus recyclés, elle lance pendant son cursus universitaire sa propre marque : « Made in Clémence ». Aujourd’hui, la vente de ces éponges dans 110 magasins spécialisés sur toute la France représente 10 % du CA de TISSUP.


Le réemploi pour gérer les stocks

L’idée du réemploi fait son chemin et un marché s’ouvre petit à petit pour Clémence Bressin. Elle est, tout d’abord, contactée par une société angevine du BTP pour gérer son stock important de drapeaux inutilisés. Ils seront transformés en sacs à dos offerts aux salariés. De fifil en aiguille, elle démarche les entreprises importantes sur Angers pour leur proposer la gestion de leurs stocks de kakémonos et autres bâches publicitaires. C’est ainsi que naît l’entreprise TISSUP en février 2025.


Des clients sur toute la France

« 5 tonnes environ de déchets publicitaires sont traitées par an. Nous proposons de nombreuses déclinaisons pour transformer les déchets publicitaires en objets du quotidien », détaille cette jeune entrepreneure. Tout d’abord du mobilier (transat, assise, pouf…), des objets de bureau (bannette à papier, pot à crayons, pochette de PC…), de la bagagerie (sac à dos, sac caba…), des objets-cadeaux (porte-clé, cartes, trousses…). « Les clients commandent, la plupart du temps, pour un usage interne : offrir à leurs clients, meubler des espaces au sein de leur structure, ou bien pour des événementiels (transats sur les stands) ». 
TISSUP intervient sur toute la France (et en Europe par l’intermédiaire d’agences de grands groupes) grâce à un partenariat solidaire avec une soixantaine d’ESAT (Etablissement et service d’aide par le travail) maillés sur tout le territoire français. « Ils gèrent toute la production, réceptionnent les déchets publicitaires des entreprises proches et procèdent à la transformation, tandis que nous prenons en charge toute la démarche commerciale, la logistique et la relation client ». Ses clients sont les grands groupes de banques, d’assurances, les villes (Angers, Béziers, Vendôme, Chartres…), les écoles, les collectivités locales, les Ministères, le monde du sport, les organismes de festivals.


Faire prendre conscience pour changer

Avant tout, au travers de ce réemploi, Clémence Bressin souhaite faire prendre conscience de l’impact écologique et économique, car TISSUP, entreprise reconnue comme établissement ESS (Economie Sociale et Solidaire) se positionne en fin de cycle dans la chaîne de production d’un objet. « En fait, il faudrait penser à la fin de vie de l’objet dès sa conception pour revoir les modes d’utilisation et de fabrication », précise cette jeune cheffe d’entreprise de 26 ans. Elle veut faire passer le message aux imprimeurs et fabricants de support et impression et dans tous secteurs où on crée des bâches pour communiquer sans pour autant aborder la question du recyclage. Il y a une prise de conscience à adopter pour repenser leur conception.
Clémence Bressin ne manque pas de projets pour faire évoluer sa petite entreprise. « Mon souhait pour les années à venir est de développer à une plus grande échelle cette activité de réemploi afin de contribuer à limiter les déchets, avec à court terme, la création d’une filière du roll-up pour recycler les caissons métalliques ». Ayant déjà quelques contacts en Europe, elle pense créer une filière d’ici 3 ans. « Et parmi nos récents développements, celui d’une application web pour commander en ligne. L’outil permet de calculer le devis, d’assurer le paiement de la prestation ».
Une start-up qui démarre fort (budget prévisionnel largement dépassé) et promet une belle évolution en répondant aux attentes environnementales de chacun.


Dominique Gruson
Anjou Eco n°84 - septembre 2026

TISSUP
11 rue Paul Bert - 49100 Angers
07 86 04 34 99 - clemence@tissup.fr - www.tissup.fr
Dirigeante : Clémence Bressin
Activité : réemploi de déchets publicitaires
Effectif : 4 personnes (dont 2 alternants)
C.A. 2025 : 200 000 euros
Finaliste au concours des Espoirs de l’Economie 2026 de la CCI de Maine-et-Loire

Tissup, Clémence Bressin, Angers - Anjou Eco n°84 septembre 2026