Renouer avec la croissance

Rôle dirigeant
27.02.2026
Magazine
L’Atelier des Serres commercialise des serres à l’ancienne et des serres de culture qui séduisent les passionnés de jardins. Après une période de turbulences, l’Atelier renoue avec la croissance sous l’impulsion de son dirigeant Philipe Raoux : recentrage stratégique, nouveau site. Une histoire de résilience et de vision entrepreneuriale.
Anjou Eco
Regard AE

Elles s’appellent Joséphine, Eugénie, Éléonore… Des prénoms de roman différencient les modèles de serres à l’ancienne proposés par la PME. Adossées ou indépendantes, montées sur muret ou en soubassement, elles sont composées d’aluminium, de verre trempé et d’inox. Le choix des coloris, la finesse des finitions, l’harmonie des proportions : tout concourt à faire de ces serres des pièces d’appoint, des lieux de culture ou des refuges d’hiver pour les plantes les plus fragiles. « Il n’existe pas deux serres identiques », dit-on chez l’Atelier des Serres. Combinant esthétique et technique, les serres de l’Atelier s’intègrent parfaitement au paysage.

 

Revenir à l’essentiel

 

Philippe Raoux, fondateur et dirigeant, crée l’Atelier des Serres fin 2014. Issu d’une famille d’entrepreneurs, il revendique une culture du service : l’accompagnement plutôt que la vente à tout prix. Ingénieur en agroalimentaire de formation, il a travaillé dans la grande distribution et a également dirigé un magasin de bricolage. Dans sa vie personnelle, la compétition n’est pas un vain mot : athlétisme, Championnat de France à la perche, triathlon, trail… Le sport lui a appris la constance, l’humilité et le goût des défis, autant de vertus qui l’ont servi dans sa vie de chef d’entreprise.

 

Fort de son expérience, à la création de l’Atelier, il s’est appuyé sur un fabricant partenaire : la société Renoval, avant de tenter l’aventure de la production en interne. Puis vinrent les turbulences (Covid, flambée des matières premières), l’Atelier encaisse alors le choc. Accompagné par la CCI, le dirigeant décide au printemps 2025 d’un virage stratégique : arrêt de la fabrication et recentrage sur son métier d’origine : le négoce. Il relance l’activité en s’appuyant sur deux piliers industriels : Renoval pour les serres à l’ancienne et un sous-traitant belge pour les serres de culture. Le pari est tenu : l’activité redémarre. Le rebond s’incarne dans un projet concret : un nouveau site avec showroom et bureaux pour les commerciaux, l’Atelier quitte Saint Léger pour s’installer à Cholet fin 2025, au 142 rue Maréchal-Leclerc. Le déménagement marque une nouvelle étape. Au-delà du symbole, c’est une nouvelle dynamique d’équipe qui s’installe ; reste à s’approprier pleinement le lieu. Le cap est fixé par son dirigeant : « consolider, pérenniser, grandir sans renier l’ADN ». L’équipe a retrouvé de la souplesse, et le dirigeant dit “s’éclater” davantage avec trois collaborateurs qu’avec vingt : « moins de gestion de personnel, plus de rentabilité, davantage de temps pour piloter le cœur du métier », explique-t-il. La pose des serres est confiée à un réseau d’artisans indépendants, le transport est assuré par son partenaire de toujours, la société BPFM. Quant à la comptabilité et la communication, elles sont également sous-traitées à des experts. Le site internet, recevant près de 600 à 700 visites par jour, est animé par un quatuor de spécialistes (référencement, community management, développement, webdesign).

 

Ici, les appels sont entrants : l’entreprise ne prospecte pas, elle sélectionne, conseille et livre quand les conditions sont réunies. « On ne vend pas si l’on ne peut pas livrer », raconte Philippe Raoux, comme une ligne de conduite. Un marché de niche qui s’étend sur tout le territoire national et les pays limitrophes, partagé avec un seul concurrent vendéen. Les produits distribués par l’Atelier s’adressent à une clientèle haut de gamme, passionnée de jardins, avec des projets s’échelonnant entre 15 et 20 000 €.

 

Reste l’enjeu humain, sujet central. Philippe Raoux en est convaincu : « La clé de la réussite, ce sont toujours les hommes. Dans une entreprise, il y a toujours des hauts et des bas », martèle-t-il, « mais le rebond est une affaire d’envie, de préparation et de choix ». L’histoire se poursuit, avec l’énergie d’une équipe qui ne cesse d’apprendre, patiemment, saison après saison.

 

Christelle Gourronc