Christophe Beausoleil, la Forge Loubière, Noyant-Villages

Rôle dirigeant
23.03.2026
Magazine
La Forge d’Art Loubière affiche une belle progression depuis l’emménagement dans son nouveau bâtiment mieux adapté à sa spécialisation en ferronnerie d’art. Aux manettes, Christophe Beausoleil, soucieux d’orienter l’activité vers des technologies plus innovantes et décarbonées.
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Anjou Eco n°82 - février 2026 - la Forge Loubière

Ingénieur de formation en génie civil, Christophe Beausoleil a exercé des fonctions de direction pour de grands groupes spécialisés dans la construction. Il décide de racheter la Forge d’Art Loubière en 2020, « une volonté que j’avais depuis longtemps de reprendre une entreprise », précise ce dirigeant quinquagénaire. L’entreprise, fondée par Georges Loubière en 1976 à Vernantes travaillait alors dans la restauration de patrimoine. Elle déménage en 1986, puis change de dirigeant avant d’être rachetée par Christophe Beausoleil. L’activité prenant de l’ampleur, il fait l’acquisition d’un bâtiment industriel à Noyant-Villages en 2023 d’une surface de 2 700 m². « Les locaux ont été réhabilités pour être plus fonctionnels et parfaitement adaptés à nos be soins. Nous avons rénové les locaux administratifs ainsi que les outils de production. Pour préparer au mieux ce déménagement, nous avons sollicité la CCI qui nous a accompagnés à travers un dispositif DINAMIC et un programme de prévention des risques. Actuellement, nous sommes engagés dans une boucle Industrie du futur ».


Un métier de passion

« Nos artisans forgerons sont des Compagnons qui interviennent sur des ouvrages d’art anciens dont certains ont plus de 800 ans. C’est un métier de passion au savoir-faire ancestral qui se transmet de génération en génération et dont les techniques évoluent. Il faut compter environ 10 ans pour former un bon Compagnon chez nous. Chacun gère son chantier de A à Z. Nous avons eu la chance de pouvoir intervenir sur la restauration de la Cathédrale de Notre-Dame de Paris ». La Forge d’Art Loubière se déplace aussi sur d’autres sites de prestige comme l’Opéra Garnier, la gloriette de Buffon au Jardin des Plantes à Paris, mais aussi en région sur les cathédrales de Tours, Orléans, Angers, les châteaux de Villandry, Chambord, Angers, des constructions du patrimoine rural (église et kiosque à musique de Baugé…). « 70 % de nos chantiers relèvent de marchés publics de collectivités ou établissements publics de l’État. Les 30 % restants concernent des commandes provenant de particuliers : portail, grille, quincaillerie, ferrure de porte… Entre autres rénovations sur Angers, nous avons été sollicités pour restaurer une porte métallique de la Maison Bleue, mêlant tradition en Art déco et création sur mesure ».


Des ouvrages de prestige

« Les ouvrages d’art que nous restaurons sont porteurs de données historiques en matière d’ingénierie, d’architecture… Il est important de prendre en compte toutes ces caractéristiques pour remettre en état, dans les règles de l’art, les ferronneries et autres objets métalliques en acier, bronze, cuivre, laiton qui sont restaurées dans l’atelier. Chaque pièce est démontée avec précaution et restaurée dans le respect des origines de nos prédécesseurs », analyse Chris- tophe Beausoleil. « Pour la cathédrale Saint-Maurice d’Angers, nous avons contribué à la réalisation de la galerie de protection imaginée par l’architecte Kengo Kuma en prenant en charge la partie serrurerie. Pour ce faire, nous nous sommes équipés d’une cabine de soudure laser innovante ». Dans une démarche de décarbonation et d’innovation, certains outils ont été remplacés. « Nous avons notamment investi dans une forge plus rapide et décarbonnée. Les éclairages sont en Led et les véhicules de fonction électriques ».

Christophe Beausoleil est très attaché à la transmission de ce savoir-faire ancestral. « Il se trouve que le premier apprenti de l’entreprise, Philippe Duval, formé par le fondateur, s’est proposé pour encadrer les jeunes apprentis, depuis qu’il est en retraite. L’Académie Loubière pour la formation vient d’être lancée ».
La Forge d’Art Loubière, qui affiche une croissance certaine depuis 5 ans, (passant de 12 à 18 salariés), vient de constituer une matériauthèque ainsi qu’un livre des matières. « Cet éventail
d’échantillons de matériaux va nous permettre de mieux guider nos clients dans leurs projets de création ».


Dominique Gruson
Anjou Eco n°82 - Février 2026

LA FORGE D’ART LOUBIÈRE
7 rue du Moulin de Groleau - 49490 Noyant-Villages 
02 41 82 30 03
loubiere@loubiere.fr
loubiere.fr
Dirigeant : Christophe Beausoleil
Activité : ferronnerie d’art
Effectif :18 salariés (dont 13 à la production)
C.A. 2024 : 1.7 M d’euros
Membre du Réseau du Bellay
À reçu en décembre 2025 le Trophée Stars et Métiers, décerné par la Chambre de métiers et de l’artisanat et la Banque Populaire Grand Ouest

Anjou Eco n°82 - février 2026 - La Forge d'Art Loubière