DIAGSECO et dispositifs d’aides : s’évaluer pour mieux se protéger
Article rédigé avec l'expertise de Marc FRENGER PECH-GOURG, délégué à l'information stratégique et à la sécurité économiques, SEER.
Avant de déployer des mesures de protection, encore faut-il savoir où se situent les principales vulnérabilités de l'entreprise. Beaucoup de dirigeants ont conscience de certains risques, notamment en matière de cybersécurité, mais disposent rarement d'une vision globale de leur exposition.
La sécurité économique repose d'abord sur une démarche d'évaluation. Elle permet d'identifier les actifs stratégiques de l'entreprise, d'apprécier leur niveau de protection et de repérer les axes d'amélioration prioritaires. Cette étape constitue souvent le point de départ d'une démarche adaptée aux réalités de terrain.
Se situer pour mieux protéger son entreprise
Évaluer ses vulnérabilités fait partie des premiers réflexes de sécurité économique. Cette démarche permet au dirigeant de prendre du recul sur son organisation, d'identifier les actifs les plus sensibles et de repérer les points nécessitant une attention particulière.
Les formes de vulnérabilités sont multiples :
- cyberattaques et fuites d’informations et de données personnelles,
- atteintes à la réputation,
- captation ou pillage du savoir faire,
- risques concurrentiels et dépendances critiques,
- pressions réglementaires et contractuelles, législations extraterritoriales,
- attaques capitalistiques, prises de participation agressives,
- composition du comité de direction.
Pour mieux appréhender ces risques, il est nécessaire d'identifier ce qui crée réellement de la valeur au sein de l'organisation.
Il peut s'agir :
- du patrimoine immatériel (savoir-faire, innovations, procédés, propriété intellectuelle),
- des informations sensibles,
- des compétences clés détenues par certains collaborateurs,
- des chaînes d'approvisionnement stratégiques,
- des systèmes d'information et des usages numériques.
DIAGSECO : un outil pour évaluer sa surface de risque
Afin d'aider les entreprises à réaliser un premier état des lieux, les pouvoirs publics ont développé DIAGSECO, un outil d'auto-diagnostic dédié à la sécurité économique.
Son objectif est simple : permettre aux entreprises d'évaluer leur surface de risque à travers une série de questions portant sur ses principaux domaines d'exposition.
L'approche proposée ne vise pas à produire un audit complexe, mais à faire émerger les principaux points de vigilance et les premières actions à engager.
Le diagnostic aborde notamment les thématiques suivantes :
L'entreprise est invitée à identifier les informations, savoir-faire et ressources stratégiques qui méritent une protection particulière.
Cette partie concerne notamment la protection des locaux, l'accueil des visiteurs, l'encadrement du personnel temporaire ou encore les règles d'accès aux espaces sensibles.
Le diagnostic interroge les pratiques de protection du savoir-faire, des innovations, des archives et des connaissances détenues par les collaborateurs. Une attention particulière est également portée aux situations pouvant fragiliser l'entreprise, comme la perte d'une compétence clé ou le départ d'un collaborateur détenant une expertise stratégique.
Partenariats, sous-traitance, fournisseurs ou échanges d'informations avec des tiers sont autant de situations qui méritent une attention particulière afin de limiter les risques de diffusion non maîtrisée d'informations sensibles.
Le numérique constitue aujourd'hui une composante essentielle de la sécurité économique.
Le DIAGSECO permet notamment de s'interroger sur :
- la sécurisation du télétravail,
- la gestion des accès,
- l'utilisation des outils collaboratifs,
- l'encadrement des usages de l'intelligence artificielle,
- la protection des données de l'entreprise.
Les réseaux sociaux et les outils numériques facilitent la visibilité des entreprises, mais peuvent également favoriser certaines fuites d'informations involontaires.
Il est donc essentiel de s’interroger sur bonnes pratiques de communication interne et externe.
Déplacements professionnels, salons, réunions externes, transports ou espaces publics sont autant de situations où des informations stratégiques peuvent être exposées. L'objectif est d'encourager une vigilance adaptée aux usages quotidiens des collaborateurs.
Quels dispositifs d'accompagnement pour les entreprises ?
L'évaluation constitue une première étape. Les entreprises peuvent ensuite mobiliser différents dispositifs pour approfondir leur démarche et bénéficier d'un accompagnement adapté.
Parmi les principaux acteurs figurent :
- DIAGSECO, pour réaliser un premier niveau d'auto-évaluation ;
- les DREETS, qui participent à la sensibilisation et à l'accompagnement des entreprises sur les enjeux de sécurité économique ;
- le SISSE (Service de l'information stratégique et de la sécurité économiques), chargé notamment d'accompagner les entreprises confrontées à des enjeux stratégiques ou à des risques économiques particuliers ;
- Bpifrance, qui propose différents dispositifs d'accompagnement en matière de sécurité économique, de cybersécurité ou de protection des actifs stratégiques.
A retenir : On protège mieux ce que l'on connaît bien.
- Avant d'investir dans de nouvelles mesures de sécurité, il est utile d'identifier les actifs stratégiques de l'entreprise et d'évaluer les risques qui les concernent.
- Le DIAGSECO constitue un premier point d'entrée simple pour réaliser cet état des lieux, identifier ses marges de progrès et engager une démarche de sécurité économique proportionnée aux enjeux de son activité.