Les Geiq : Un outil de recrutement durable
Stabilisé autour de 7,5 %, le taux de chômage pourrait encore baisser si l’on tient compte des nombreux secteurs dit en tension qui ne parviennent pas à recruter. Cette forte différence entre l’offre de postes et le nombre de candidats pour les occuper ou le parcours particulier de certains candidats, oblige les entreprises à trouver des idées novatrices. Parmi celles-ci, il y a les Groupements d’employeurs pour l’insertion et la qualification (Geiq), associations créées par et pour les entreprises qui y adhèrent. Leur but est d’intégrer durablement dans le monde du travail des demandeurs d’emploi de longue durée, des personnes éloignées de l’emploi ou des personnes en reconversion.
Outil créé il y a une trentaine d’années, la France comptait, en mai 2024, 205 Geiq auxquels adhéraient 16 642 entreprises. Ces Geiq sont très souvent sectoriels - ils recrutent et forment des candidats pour les entreprises d’une même branche professionnelle - et interviennent sur un département ou une région. Pour la Sarthe, on compte cinq Geiq de branches intervenant sur le département ou la région Pays de la Loire (BTP environnement, propreté, agriculture, transport, sport et loisirs). À ces derniers, s’ajoutent le Geiq 3M (61 entreprises adhérentes) qui est lui multisectoriel.
"Le Geiq 3M a été créé en 2012 sous le nom de Geiq handicap et alternance 72 à l’initiative d’entreprises de l’industrie, du commerce, banque et assurance et du directeur de Cap emploi, explique Fleur Le Mazier, sa directrice adjointe. L’objectif était la mise en place de contrats de professionnalisation pour les demandeurs d’emploi en reconversion subie pour contrainte de santé. En 2014, il est devenu le Geiq 3M pour Mise à disposition multisectorielle du Maine, et répondre aux besoins des adhérents pour tous types de demandeurs d’emploi (…)"
"Notre cœur de métier, c’est la mise à disposition de collaborateurs sous forme de contrat de professionnalisation. Le parcours classique ? La personne est en alternance entre l’entreprise et le centre de formation et à la fin elle obtient une qualification. Nous avons aussi un outil supplémentaire, un contrat pro 100 % formation interne pour former directement dans l’entreprise et selon ses besoins."
Autres avantages des Geiq, les services associés : la présélection de candidats correspondant vraiment à la demande de l’entreprise, une externalisation du service RH (gestion du contrat de travail, du bulletin de paie, le salarié ne rentre pas dans les effectifs de l’entreprise, etc.).
Des aides en baisse
"Quand nous recrutons un candidat, nous devons mesurer sa capacité à rester dans son contrat, à réussir sa qualification et à intégrer l’entreprise qui l’a accueilli, précise Fleur Le Mazier. Nos chiffres doivent être bons car nous pouvons perdre notre labellisation. C’est pourquoi nous avons un accompagnement socio-professionnel sur les sujets de logement, de famille, de santé, de mobilité… qui ont un impact sur la réussite."
Face à la suppression de l’aide de l’État liée à l’embauche en contrat de professionnalisation qui va rendre cet outil moins attractif, la dirigeante se veut optimiste : "Il y a des aides pérennes, d’autres non, mais nous essayons de ne pas en dépendre. Nous avons un socle de valeurs et de savoir-faire qui nous permet de fonctionner. Oui, ce n’était pas une bonne nouvelle et cela aura un impact, mais les entreprises évaluent aussi le service rendu, la démarche qui s’inscrit dans le temps et la qualité." Et pour les secteurs en tension, la question des aides est assurément moins importante que le fait de trouver un collaborateur compétent qui va rester dans l’entreprise.
Pierre-Jacques Provost