Conjoncture : une lente dégradation qui pèse sur la confiance des dirigeants d’entreprise
Bilan de l’activité économique au 1er trimestre 2026
Des chiffres d’affaires en léger recul
Au premier semestre 2026, 54% des entreprises de Loire-Atlantique indiquent avoir enregistré une hausse ou une stabilité de leur chiffre d’affaires par rapport au 1er semestre 2025.
Ce chiffre est en recul de 2 points par rapport à l’enquête de septembre 2025 (-4 points par rapport à janvier 2026), faisant apparaître une lente dégradation du niveau d’activité.
Pour 78% des dirigeants d’entreprises enregistrant une baisse de chiffre d’affaires au premier semestre de l’année, celle-ci est inférieure à 25%.
Des situations qui diffèrent selon les secteurs d’activité
Ce léger recul de l’activité fait apparaître des disparités selon les secteurs d’activité. Dans le prolongement de la dernière enquête de conjoncture de février, 62% des professionnels de l’industrie font part d’une stabilité ou d’une hausse de la CA au premier semestre, avec en particulier 38% d’entre-eux qui déclarent une hausse d’activité (soit 10 points de plus par rapport septembre 2025).
A contrario, les secteurs du Commerce de Gros (55% des répondants), les CHR (54%) les Commerces et Services aux particuliers (53%), sont plus particulièrement touchés par une baisse d’activité.
Concernant, le secteur des Commerces et Services aux Particuliers, il s’agit d’une dégradation progressive de l’activité, 45% d’entre-eux déclarant une baisse d’activité il y a un an. Pour les CHR et le Commerce de gros, cette tendance majoritairement baissière de l’activité est observée, enquête après enquête, depuis octobre 2024.
Un commerce sur deux accuse une baisse de fréquentation pendant l’été
56% des commerçants interrogés déclarent avoir enregistré une baisse de leur chiffre d’affaires durant l’été 2026, due selon eux aux effets combinés des épisodes de canicule, des arbitrages budgétaires des ménages et à un contexte général morose.
Tensions sur les niveaux de trésorerie
Dans ce contexte, 56% des entreprises indiquent disposer d’une situation de trésorerie satisfaisante, soit un recul de 7 points par rapport à septembre 2025 (- 4 points par rapport à janvier dernier).
Les situations de trésorerie jugées très difficiles concernent 15% des entreprises répondantes, soit le même niveau que lors de la dernière enquête de conjoncture de janvier 2026.
Les secteurs des Services aux entreprises (62%), de l’Industrie (62%) et du BTP (60%) font état d’un niveau de trésorerie satisfaisant, alors que 60% des répondants des CHR et 52% des Commerces et Services aux Particuliers déclarent une situation de trésorerie difficile, voire très difficile.
Un contexte qui pèse sur les niveaux de marges
Plus d’une entreprise sur deux (51%) indique avoir été contrainte de baisser ses marges au 1er semestre 2026. Sur un an, cette proportion est stable, mais elle est en hausse de 6 points par rapport à la dernière enquête de janvier dernier.
Le secteur du BTP est plus particulièrement touché par cette pression sur les niveaux de marges (64% des répondants), ainsi que le Commerce de gros et les Commerces et Services aux particuliers (57%).
Début d’érosion en matière d’emploi
Dans cet environnement économique, 80% des entreprises répondantes indiquent avoir stabilisé ou augmenté leurs effectifs en CDI au cours des six derniers mois, un chiffre en repli de 4 points par rapport à septembre 2025.
Cette évolution des effectifs salariés varie selon les secteurs d’activité. Ainsi, pour les secteurs de l’Industrie et du Commerce de Gros, 85% des répondants indiquent avoir stabilisé ou augmenté leurs effectifs, une proportion qui tombe à 76% pour le secteur des Commerces et Services aux particuliers.
Des entreprises qui sollicitent toujours peu le crédit bancaire
Sur les six premiers mois de l’année, 30% des entreprises répondantes indiquent avoir sollicité leurs partenaires bancaires, soit le même niveau que lors de la dernière enquête de janvier dernier et en hausse de 5 points par rapport à septembre 2025.
Les perspectives pour les prochains mois
Des prévisions de chiffres d’affaires qui se dégradent
Dans un contexte économique et géopolitique très instable, 59% des dirigeants d’entreprises anticipent une stabilité ou une hausse de leur chiffre d’affaires au cours des trois prochains mois.
Surtout, le nombre d’entreprises anticipant une baisse de leur activité progresse de 5 points par rapport aux dernières enquêtes de septembre 2025 et de janvier dernier. Il s’agit du niveau de pessimisme le plus haut observé depuis la période Covid en matière d’évolution de l’activité.
Dans la lignée des indicateurs précédents, ce sont les secteurs des CHR et du Commerce de gros qui sont les plus pessimiste quant à l’évolution de leur activité au cours des prochains mois, alors que l’Industrie et les Services aux Entreprises restent les secteurs les mieux orientés.
Des carnets de commandes qui se contractent
Symptôme d’une conjoncture économique fragile et de dirigeants en manque de visibilité, 53% des entreprises indiquent maintenir ou voir augmenter leur niveau de carnet de commandes. C’est 5 points de moins par rapport à l’enquête de janvier dernier qui avait marqué une légère embellie pour cet indicateur.
Le niveau des carnets de commandes est stable ou en hausse pour 60% des entreprises industrielles et 61% des acteurs du BTP. A l’inverse, dans le secteur du Commerce de gros, 63% des entreprises font état de carnet de commande en baisse.
Jusqu’à présent relativement épargné par la baisse du niveau de carnets de commandes, le secteur du Service aux Entreprises y est cette fois confronté. 47% des entreprises du secteur indiquent enregistrer une baisse de leur niveau de commandes, soit 10 points de plus par rapport à janvier dernier.
Dans les faits, les dirigeants d’entreprises indiquent toujours répondre à des demandes de devis mais doivent composer avec des temps de décision rallongés en raison de l’attentisme des clients.
Et des intentions de recrutement en baisse
En manque de visibilité sur leur carnet de commandes et anticipant un ralentissement de leur activité, 83% des entreprises interrogées indiquent ne pas avoir l’intention de recruter en CDI dans les trois prochains mois. C’est 9 points de plus par rapport à l’enquête de conjoncture de septembre 2025.
Avec 35% d’intention d’embauches dans les prochains mois, c’est le secteur de l’industrie qui prévoient le plus de recruter.
Un léger mieux pour les projets d’investissements
Dans ce contexte, près d’une entreprise sur quatre (24%) prévoient d’investir d’ici la fin de l’année.
Si ce niveau reste peu élevé, c’est 4 points de plus par rapport à l’enquête de septembre 2025, période lors de laquelle les entreprises avaient sensiblement ralenti leurs investissements. Face à des carnets de commandes en repli, les projets d’investissements portent en premier lieu sur la stratégie commerciale.
La trésorerie, toujours le premier enjeu des entreprises
Comme c’est le cas depuis fin 2024, l’enjeu premier pour les entreprises de Loire-Atlantique demeure la Trésorerie (43%).
La Baisse du carnet de commandes (31%) s’impose désormais comme le deuxième enjeu pour les entreprises, devant la Hausse du prix des matières premières (30%).
A noter que la Hausse du prix de l’énergie s’impose comme un nouvel enjeu majeur pour 29% des entreprises, en hausse de 18 points par rapport à l’enquête de septembre 2025.
Un niveau de confiance en repli pour les dirigeants
Dans cet environnement, le niveau de confiance des dirigeants dans l’avenir de leur entreprise est en baisse pour atteindre un indice de 5,6 sur 10 (5,7 en janvier dernier, 5,8 en septembre 2025). Les industriels sont les plus optimistes (5,9).
Et une humeur très partagée
L’humeur des dirigeants d’entreprises se partagent à part quasi-égales entre humeur morose/mauvaise (49%, + 2 points par rapport à septembre 2025) et bonne/excellente humeur (51%, - 2 points).
A retenir
> Les secteurs des CHR et des Commerces et Services aux Particuliers sont les plus impactés par ce ralentissement, l’industrie affichant des résultats plus favorables.
> Dans ce contexte, les dirigeants ne prévoient pas de signe de reprise d’activité dans les prochains mois.
> Plusieurs indicateurs sont placés sous surveillance par les dirigeants, en particulier le niveau de carnets de commandes.
> Dans cet environnement économique, le niveau de trésorerie demeure le premier enjeu pour les entreprises de Loire-Atlantique.
> Face à cette conjoncture, l’indice de confiance des dirigeants dans l’avenir de leur entreprise est en recul.