Conjoncture : en manque de visibilité, des dirigeants d’entreprises entre résilience et attentisme

Développement commercial
11.02.2026
Communiqué de presse
La CCI Nantes St-Nazaire a mené son enquête de conjoncture auprès de 681 entreprises représentatives du tissu économique de Loire-Atlantique entre le 6 janvier et le 22 janvier 2026. Si l’activité économique est restée relativement stable en 2025, face au manque de visibilité les dirigeants d’entreprises du territoire font preuve de grande prudence en matière d’investissements, malgré un léger frémissement des carnets de commandes. A contrario, le secteur des CHR reste confronté aux difficultés.
Conjoncture : graphique évolution chiffres d'affaires

 

Évolution de l’activité économique en 2025

Des chiffres d’affaires qui sont restés relativement stables

Sur l’année 2025, 56% des entreprises des Loire-Atlantique indiquent avoir enregistré une stabilité ou une hausse de leur chiffre d’affaires par rapport à 2024. Cette proportion est en recul de 1% par rapport à l’enquête annuelle de janvier 2025. 
 

Pour 77% des dirigeants d’entreprises accusant une baisse de chiffre d’affaires, cette dernière est inférieure à 25%. Pour 80% de ceux déclarant une évolution de chiffre d’affaires à la hausse, celle-ci est inférieure à 25%.

Derrière cette relative stabilité de l’activité des entreprises en 2025, on note des situations différentes d’un secteur à l’autre.

Pour l’année 2025, 62% des professionnels de l’industrie font part d’une stabilité ou d’une hausse de leur CA (57% en janvier 2025), laissant entrevoir un frémissement de leur activité.

A l’inverse, deux secteurs sont plus particulièrement touchés par une baisse d’activité sur l’année 2025 : le Commerce de Gros (55% des répondants) et les CHR (52%), deux secteurs déjà en difficulté lors des 2 dernières enquêtes de janvier et septembre 2025. Comparées à l’année 2024, leurs baisses d’activité sont cependant moins importantes (64% pour le Commerce de Gros et 56% pour les CHR lors de l’enquête 2025).

Un niveau de trésorerie qui se stabilise

Dans ce contexte, 60% des entreprises indiquent disposer d’une situation de trésorerie satisfaisante (- 1 point par rapport à janvier 2025), voire même très satisfaisante pour 18% d’entre-elles.

Les situations très difficiles concernent 15% des entreprises répondantes, soit le même taux qu’en janvier 2025.  

En matière de niveau de trésorerie, la situation varie d’un secteur à un autre. Les secteurs du Commerce de gros (70%), des Services aux Entreprises (66%), de l’Industrie 65%) et du BTP (64%) font état d’un niveau de trésorerie satisfaisant, quand 62% des répondants du secteur des CHR sont confrontés à des situations de trésorerie difficiles, voire très difficiles. 

Des marges sous pression

Dans le sillage de précédentes enquêtes de conjoncture, 45% des entreprises interrogées indiquent être contraintes de baisser leurs marges commerciales pour faire face à une conjoncture économique complexe. C’est 2 points de moins comparé à l’enquête de janvier 2025 mais en hausse 9 points par rapport à janvier 2024.

Les secteurs les plus impactés par cette baisse des niveaux de marges sont les CHR (61% des répondants), le commerce de gros (50%) et les commerces et services aux particuliers (49%).

Des effets sur l’emploi

Conséquence de cet environnement économique complexe, 76% des entreprises répondantes indiquent avoir stabilisé ou augmenté leurs effectifs en CDI, un chiffre en repli de 6 points comparé par rapport à janvier 2025. 

La proportion d’entreprises ayant réduit leurs effectifs passe ainsi de 18% en janvier 2025 à 24% en janvier 2026. 

Moins de sollicitations auprès des banques

Sur l’année 2025, 30% des entreprises interrogées indiquent avoir sollicité leurs partenaires bancaires (contre 34% en janvier 2025), signe d’une frilosité en matière d’investissement.

On note par ailleurs une légère augmentation des refus de crédits qui passent de 16 à 18% entre janvier 2025 et janvier 2026.  

Les Perspectives 2026

Des prévisions de chiffres d’affaires prudentes

Confrontées à ce contexte économique incertain, 64% des entreprises de Loire-Atlantique anticipent une stabilité ou une hausse de leur activité pour les trois prochains mois, un chiffre en repli de 1 point par rapport à janvier 2025.

Ces prévisions varient d’un secteur à l’autre. Elles sont plus favorables pour les secteurs des services aux entreprises et de l’industrie pour lesquels respectivement 73% et 67% des répondants prévoient une stabilité ou une hausse de leurs CA pour le premier trimestre 2026.

A l’inverse, les secteurs des CHR et du BTP sont les plus pessimistes pour leur activité pour les trois prochains mois. 

Mais un frémissement des carnets de commandes

Fait notable de cette enquête, et malgré un environnement économique et politique complexe, 59% des entreprises indiquent maintenir ou voir augmenter leur carnet de commandes, soit 5 points de plus par rapport à l’enquête de janvier 2025 (+2 points par rapport à octobre 2025). 

Ce léger rebond concerne notamment le secteur de l’industrie avec 24% des répondants qui voient leur niveau de carnet de commandes progresser par rapport à la même période en 2025 (ils n’étaient que 15% dans ce cas lors de l’enquête de janvier 2025).

Pour le secteur du Commerce de Gros, 54% des répondants notent un carnet de commandes stable ou en hausse contre 48% à la même période en 2025. De même 51% des acteurs du BTP indiquent disposer d’un niveau de carnets de commandes stable ou en hausse, contre 48% en janvier 2025.

Prudence sur les prévisions de recrutement

A la question « Prévoyez-vous de recruter en CDI dans les 3 prochains mois », 16% des entreprises répondent par la positive. Elles étaient 18% en janvier 2025. 

12% des entreprises interrogées indiquent vouloir recruter en CDD, contre 15% en janvier 2025.

Ce sont les secteurs de l’Industrie (31%) qui prévoient le plus de recruter en CDI et le BTP (21%). A l’inverse, seuls 8% des professionnels des CHR prévoient d’embaucher en CDI. 

11% des entreprises répondantes envisagent de réduire leurs effectifs, soit le même niveau qu’en janvier 2025 et janvier 2024. 

Confirmation du ralentissement des investissements

48% des entreprises indiquent réduire en 2026 leur niveau d’investissement, en hausse de 4 points par rapport à janvier 2025, traduisant ici une certaine expectative des dirigeants. 

A l’inverse, 12% prévoient d’accroître leurs investissements en 2026 alors qu’elles n’étaient que 10% en janvier 2025.

Les investissements projetés sont liés à la stratégie commerciale (32%), la digitalisation de l’entreprise (28%), la formation (24%), l’outil de production (22%). 

Trésorerie et Gestion RH restent les premiers enjeux des entreprises

Pas de changement concernant les principaux enjeux pour les dirigeants d’entreprises. La trésorerie demeure le premier enjeu pour 41% d’entre eux (43% en janvier 2025), devant la gestion des ressources humaines (34%, contre 38% en janvier 2025) et la baisse du carnet de commandes pour 24% des dirigeants (33% en janvier 2025).

Un niveau de confiance contrasté

Après avoir atteint son plus bas niveau en janvier 2025, le niveau de confiance des dirigeants dans l’avenir de leur entreprise reste contrasté pour atteindre un indice de 5,7 sur 10 (5,5 en janvier 2025 et 5,8 en septembre 2025).

Si l’indice de confiance se redresse légèrement sur un an, il continue de se dégrader pour les professionnels des CHR. 

L’humeur des dirigeants en légère baisse

En ce début d’année 2026, 46% de dirigeants d’entreprises font part d’une humeur mauvaise ou morose. A la même période de 2025, ils étaient 42% dans cet état d’esprit. 

A retenir

  • Chiffres d’affaires et trésorerie stables en 2025 mais pression sur les marges et les effectifs.
  • La persistance des incertitudes politiques, géopolitiques et économiques débouche sur un ralentissement des investissements et une grande prudence pour les projets de recrutement dans les prochains mois.
  • Malgré ce contexte, on assiste à un léger rebond du niveau des carnets de commandes.
  • Après avoir atteint son niveau le plus bas en janvier, l’indice de confiance des dirigeants progresse légèrement sur un an.
  • Déjà en difficulté en 2025, les professionnels des CHR n’entrevoient pas d’amélioration. A l’inverse, le secteur de l’industrie semble retrouver des couleurs en ce début d’année.